Le 10 mars, anniversaire du soulèvement du peuple tibétain

Publié: mars 3 2011 dans Le Tibet
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Aujourd’hui un peu de fainéantise, nous avons choisi de reprendre l’intégralité des informations de Wikipédia qui nous présente l’évènement sous plusieurs angles.

10 mars 1959 :  Au Tibet, à Lhassa, soulèvement populaire (selon l’historiographie du gouvernement tibétain en exil) ou du clergé et de la noblesse tibétaines (selon celle du gouvernement chinois) contre les Chinois et leurs partisans, soulèvement réprimé dans un bain de sang (87 000 morts) selon les émigrés tibétains (le gouvernement chinois fait remarquer que l’armée tibétaine ne comptait que 10 000 hommes et Lhassa 37 000 habitants à l’époque, et que les exilés ne donnent pas le nom de l’officier chinois sur lequel ce chiffre aurait été trouvé).

Le soulèvement tibétain de 1959, ou rébellion tibétaine de 1959 – pour reprendre la formulation des
milieux exilés tibétains – est la révolte anti-chinoise et anti-communiste qui éclata le 10 mars 1959 à Lhassa, la capitale du Tibet , huit ans après la signature de l’Accord en 17 points sur la libération pacifique du Tibet entre les représentants du dalaï-lama et ceux de la République populaire de Chine, accord par lequel le 14e dalaï-lama reconnaissait la souveraineté de la Chine sur le Tibet.

Selon deux auteurs, A. Tom Grunfeld et T. D. Allman, elle pourrait avoir été planifiée par la CIA – ce qui est contesté par d’autres, dont le dalaï-lama, qui déclare que la révolte fut spontanée – et/ou par les dirigeants Khampa.

Bien que la fuite du 14e dalaï-lama n’ait eu lieu qu’en 1959, une lutte armée entre les forces de la résistance tibétaine aidées par la CIA et celle de l’Armée populaire de libération chinoise avait commencé dès 1956 dans les provinces tibétaines du Kham et de l’Amdo, soumises aux réformes démocratiques. La guérilla s’étendit plus tard au reste de la région du Tibet et dura jusqu’en 1962.

L’anniversaire du soulèvement est observé par le gouvernement tibétain en exil et des personnes et associations solidaires de sa cause sous le nom de Jour du soulèvement tibétain (ou Jour du soulèvement national tibétain).

Version du gouvernement tibétain en exil et de sources proches

À la fin des années 1950, l’opposition à la présence chinoise au Tibet s’est accrue dans la ville de Lhassa. La révolte armée des Tibétains dans les provinces du Kham et de l’Amdo a commencé en 1956, entraînant le déploiement de forces militaires de l’armée populaire de libération (APL) supplémentaires au Tibet oriental. Dans le Kham et l’Amdo, suite à la collectivisation de l’agriculture, des centaines de rébellions éclatèrent où 10 000 Tibétains furent tués selon un rapport l’ALP .

Des frappes punitives ont été commises par le gouvernement chinois à l’encontre de villages et de monastères. Des menaces de bombarder le Palais du Potala et le dalaï-lama ont été émises selon certaines sources par les commandants militaires chinois dans une tentative d’intimidation des forces de la guérilla .

L’ANVD et le Chushi Gangdruk ont été à l’origine du soulèvement de Lhassa en mars 1959, durant lequel leur action a été relayée par la population de la capitale. La résistance tibétaine a regroupé jusqu’à 80 000 combattants, sous la direction entre autres de Gompo Tashi. Implantée dans l’Est du Tibet (le Kham), l’Armée nationale volontaire de défense (ANVD) organisait des opérations de guérilla sur les routes du Kham et de l’Amdo. Un autre mouvement armé, issu des rangs de l’ANVD, s’est développé au sud de Lhassa et a pris le nom de Chushi Gangdruk (tibétain : Quatre fleuves, Six montagnes).

Le 1er mars, une invitation inhabituelle pour assister à une représentation théâtrale au siège principal militaire chinois en dehors de Lhassa est donnée au dalaï-lama. Ce dernier – qui à l’époque étudiait pour passer le diplôme de Geshe Lharampa – ajourne tout d’abord cette invitation, mais la date est fixée finalement pour le 10 mars . Le 9 mars, le chef des gardes du corps du dalaï-lama reçoit la visite d’officiers de l’armée chinoise . Les officiers insistent pour que le dalaï-lama ne soit pas accompagné de son escorte armée traditionnelle en se rendant à la représentation, et qu’aucune cérémonie publique n’ait lieu lors du déplacement de celui-ci du palais au camp militaire, contrairement à l’usage tibétain.

La rumeur de l’invitation se répand parmi les Tibétains de Lhassa, suscitant des craintes d’un projet d’enlèvement du dalaï-lama par les Chinois. Dans la ville de Lhassa, des affiches avaient été collées réclamant le départ des chinois et dénonçant l’accord en 17 points. Le 10 mars, 30 000 Tibétains, selon Thomas Laird, Michael H. Goodman et Pierre-Antoine Donnet, 300,000 selon le site web freetibet.org, entourent le palais du dalaï-lama pour l’empêcher de partir et d’être enlevé. Cet événement marque le commencement du soulèvement à Lhassa, bien que les forces chinoises aient eu un accrochage avec les guérillas hors de la ville au mois de décembre 1958.

Le 11 mars, des membres du gouvernement tibétain se réunissent, renient l’accord en 17 points, et proclament l’indépendance du Tibet .

Le 12 mars, les manifestants apparaissent dans les rues de Lhassa, réclamant l’indépendance du Tibet. Des barricades sont érigées dans les rues, et les forces chinoises et tibétaines commencent à fortifier leurs positions à l’intérieur et autour de Lhassa en préparation d’un conflit. Une pétition de soutien aux rebelles armés hors de la ville est lancée, et un appel d’assistance est remis au consul indien .

Les troupes chinoises comme les tibétaines continuent à défendre leurs positions respectives les jours suivants, et des éléments d’artillerie sont déployés dans la région du palais d’été, le Norbulingka. Le 15 mars, des préparatifs pour l’évacuation du dalaï-lama sont amorcés, et des troupes tibétaines seraient employées pour obtenir une voie d’évasion de Lhassa. Le 17 mars, deux projectiles d’artillerie atteignent le palais du dalaï-lama, déclenchant sa fuite puis son exil.

Le conflit ouvert commence la nuit du 19 mars, avec le bombardement du Norbulingka et des monastères principaux de Lhassa où se trouvent les insurgés. Le combat ne dure que deux jours, les forces tibétaines étant bien moins nombreuses et mal équipées .

Le 20 mars, les autorités chinoises, qui jusque là avaient retenu l’armée chinoise, ordonnent à celle-ci d’écraser la rébellion tibétaine.

Le 20 mars vers 2h du matin, des obus s’abattent sur le Norbulingka, y faisant 5 à 6000 morts selon Tashi Gyaltsen. Vers 4h du matin, le Potala est la cible de tirs de canon, les tirs continueront jusqu’au soir, et concernent aussi le monastère de Ramoché et d’autres endroits de Lhassa. Au soir, les rues sont jonchées de cadavres .

Le 22 mars, les chars prirent position sur la place du Barkhor, face au Jokhang, des centaines de combattants tibétains furent tués sous leurs feu. Selon Tashi Palden, le Ramoché fut la cible de l’artillerie chinoise, ajustant le tir au matin de 2 obus, suivi d’une pluie d’obus sur l’édifice, au soir, 50 à 60 cadavres jonchaient les ruines du sanctuaire inspecté par les soldats chinois. Des survivants tibétains agonisant ripostèrent, faisant une trentaine de morts parmi les troupes chinoises. Le soir même, les Chinois mirent le feu à l’édifice qui brûla durant 2 jours.

Le 28 mars, le premier ministre chinois Zhou Enlai annonce la dissolution du Kashag (le cabinet ministériel tibétain dirigé par le dalaï-lama) et place le panchen lama à la tête du Comité préparatoire de la Région autonome du Tibet, lequel assume désormais les fonctions de gouvernement .

La loi martiale est imposée en mars 1959.

Le dalaï-lama et ses compagnons traversent la frontière indienne le 31 mars.

Après l’écrasement de la rébellion par les forces chinoises, le Chushi Gangdruk rend officiellement les armes, à la demande du dalaï-lama. Mais l’ANVD continue le combat .

Version du gouvernement chinois et de sources proches

Ngabo Ngawang Jigme, le plénipotentiaire tibétain signataire de l’accord en 17 points en 1951, a donné en 2005 sa version des événements conduisant au soulèvement de 1959 ainsi que du déroulement des journées de mars elles-mêmes, dont il fut le témoin[21].

De 1951 à 1959, le gouvernement central laissa le soin à la classe dirigeante tibétaine de conduire elle-même les réformes mais celles-ci se heurtèrent à la résistance d’une petite partie de l’élite .

Fin novembre 1956, le dalaï-lama se rendit en Inde, où ses deux frères aînés lui demandèrent de rester pour faire campagne en faveur de l’indépendance tibétaine. Il fallut la venue du 1er ministre chinois Zhou Enlai, porteur d’un message du président Mao indiquant que le gouvernement central ne changerait pas de politique tibétaine pendant les six années à venir, pour que le dalaï-lama rentre en Chine .

En juillet 1957, le dalaï-lama et le gouvernement local du Tibet organisèrent au palais du Potala une grande cérémonie au cours de laquelle le dalaï-lama reçut le trône d’or et accorda sa bénédiction et un talisman aux représentants du groupe « Quatre rivières et six montagnes ». À la suite de cette cérémonie, l’« armée de protection de la religion » devait voir le jour en vue de fomenter une rébellion.

Début décembre 1958, le gouvernement local convoqua les représentants tibétains à une grande assemblée tenue secrète. Il s’agissait pour lui de renforcer son pouvoir sous le prétexte de réprimer la rébellion khampa et d’obtenir l’aval du gouvernement central. Un plan d’insurrection armée à Lhassa fut mis sur pied par la même occasion.

Le 7 février, le dalaï-lama demande au commandant en chef adjoint de la zone militaire du Tibet d’organiser à son intention une représentation de l’Ensemble artistique de la zone. Les autorités militaires accédent à sa requête, lui demandant de fixer la date et le lieu de la représentation.

Le 8 mars, le dalaï-lama décide que le spectacle aura lieu le 10, à 3 heures de l’après-midi, dans la grande salle de la zone militaire.

Le soir du 9 mars, le maire de la ville de Lhassa fait annoncer que les Hans projettent d’enlever le dalaï-lama à l’occasion du spectacle et de l’emmener en avion à Pékin, et qu’il faut que chaque foyer envoie un membre au siège du dalaï-lama pour prier celui-ci de ne pas y s’y rendre.

Le 10 mars au matin, plus de 2000 habitants de Lhassa et des centaines de rebelles provenant du Kham accourent au palais de Norbulingka pour dissuader le dalaï-lama d’aller au spectacle. Les insurgés exigent que tous les magasins soient fermés et que tout le monde se porte au Norbulingka. La foule s’en prend à un membre tibétain du Comité préparatoire de la région autonome du Tibet, Kainqoin Pagbalha Soinam Gyamco, lapidant ce dernier à mort puis attachant son cadavre à la queue d’un cheval avant de le traîner sur deux kilomètres. A midi, les voitures de Sanpo Cewang Renzen, le commandant adjoint de la zone militaire, sont attaquées et lui-même blessé. L’après-midi, les insurgés et la plupart des ministres du gouvernement tibétain créent la Conférence du peuple et lancent le Mouvement d’indépendance du Tibet. Les Tibétains membres du Comité préparatoire pour la création de la Région autonome du Tibet sont sommés de se rendre et de se repentir. La Conférence du peuple décide également l’envoi, au palais de Norbulingka, de moines armés depuis les monastères de Séra et de Drepung pour protéger le dalaï-lama. Le soir, un millier de moines des principaux monastères gagnent Lhassa tandis que les troupes tibétaines se préparent au combat. Dans le même temps, les rebelles du Kham se répandent autour de la ville. Le gouvernement tibétain fait ouvrir le dépôt d’armes et distribuer armes et munitions aux insurgés.

Les chefs de file de la rébellion convoquent ensuite une Assemblée populaire puis une Conférence populaire de l’état indépendant du Tibet, et enfin proclament l’indépendance du Tibet après avoir déchiré « l’Accord en 17 points ».

Le représentant de l’autorité centrale, Tan Guansan, fait remettre au dalaï-lama trois lettres successives, les 10, 11 et 15 mars, demandant à ce que celui-ci mette fin à la rébellion des siens. Le dalaï-lama répond par trois fois qu’il s’emploie à neutraliser les factieux (les originaux de ces lettres sont toujours consultables aujourd’hui).

Le 17 mars au soir, les chefs de file de la rébellion quittent Lhassa en emmenant le dalaï-lama.

Implication des États-Unis
Article principal : Relations internationales du Tibet.
Article connexe : Camp Hale.

En janvier 1974, paraissait dans la revue Nation Review un article de T. D. Allman alléguant que le départ du 14e dalaï-lama de la capitale avait été préparé par des agents de la CIA. L’agence américaine aurait procuré une couverture aérienne à la colonne du dalaï-lama, lui parachutant provisions et argent et mitraillant les positions chinoises. L’opération aurait été filmée. Pour l’auteur, il est clair que les Américains voulaient que le chef religieux et politique quitte le Tibet et que les Chinois n’avaient aucune envie de détrôner celui-ci. L’article affirmait également que la révolte des tribus Khamba dans le Tibet du Sud-est en 1959 était soutenue, dirigée et approvisionnée par des agents de la CIA opérant depuis des bases avancées dans les états indiens de l’Assam et du Bengale occidental. Le United States Citizenship and Immigration Services affirme que pour la fuite du dalaï-lama, des combattants du Chushi Gangdruk, le mouvement de résistance entraîné et soutenu par la CIA dans les années 1950-1960, furent déployés depuis Lhassa au Tibet jusqu’en Inde et à la traversée de l’Himalaya pour bloquer toute poursuite par les Chinois [33]. Selon T. D. Allman, la facilité avec laquelle purent fuir le dalaï-lama, les milliers de personnes de son entourage et la caravane d’objets précieux l’accompagnant, tient au fait que les Chinois auraient choisi de ne pas se mettre sur son chemin pour écarter tout risque qu’il soit blessé ou tué dans l’entreprise, une issue qui aurait été infamante pour eux.

Dans une interview publiée en 2009, Ratuk Ngawang, un des chefs de la résitance tibétaine, affirme qu’il y avait 2 opérateurs radio tibétains qui avaient été entraînés par la CIA lors de la fuite du dalaï-lama, mais s’il mentionne près de 100 Tibétains parachutés au Tibet, ce fut après la fuite du dalaï-lama.

Pour l’historien américain et spécialiste du Tibet et de la Chine A. Tom Grunfeld, la révolte de mars 1959 reste encore enveloppée de mystère. Alors que le dalaï-lama et ses partisans affirment qu’elle fut entièrement spontanée, des preuves indirectes existent, qui pointent vers un soulèvement organisé soit par la CIA, soit par les chefs khampa, voire les deux. Les informations qui permettraient de trancher n’ont pas été rendues publiques. C’est ce que Grunfeld laissait entendre en août 2000 lors du congrès mondial de l’association internationale de science politique.

Selon des documents du renseignement américain rendus publics, la CIA a formé et armé secrètement des soldats tibétains à la guérilla pour organiser des rébellions au Tibet avant le soulèvement et dans les années qui suivirent. De 1959 à 1964, les guerilléros tibétains furent entraînés en secret au Camp Hale. Selon un mémoire écrit par de hauts responsables stratégiques américains :

« L’objet de ce programme… est de garder en vie le concept d’un Tibet autonome, au Tibet comme dans les pays étrangers, principalement en Inde, et de construire un mouvement de résistance contre des développements politiques possibles à l’intérieur de la Chine communiste ».

Le programme d’entraînement, qui avait pour nom de code ST Circus, était semblable à celui des dissidents cubains en vue du Débarquement de la baie des Cochons. En tout, environ 259 Tibétains passèrent par le Camp Hale. Certains furent parachutés au Tibet pour rejoindre les groupes de résistance locaux (la plupart périrent), d’autre y furent envoyés par voie terrestre pour des missions de recueil de renseignements ; d’autres encore contribuèrent à la mise sur pied de la guerilla opérant depuis la vallée de Mustang dans le nord du Népal.

Le gouvernement du dalaï-lama a reconnu que le dirigeant tibétain avait reçu une allocation annuelle de 180 000$ mais que celui-ci n’en avait pas profité personnellement, et ce dernier s’est démarqué des opérations de la CIA et de la guérilla tibétaine. Ainsi, dans ses mémoires il écrit : « Quoique j’eusse toujours admiré la détermination de ces guérilleros, leurs activités n’avaient jamais eu mon appui… ». Pourtant, dans son autobiographie, Gompo Andrugtsang cite la lettre que le dalaï-lama lui envoya fin mars début avril 1959 (date du soulèvement tibétain de 1959), depuis le Dzong de Lhuntsé, pour lui annoncer sa nomination en tant que général et l’encourager à poursuivre la lutte :

« Vous avez mené les forces du Chushi Gandrug avec une détermination inébranlable afin de résister à l’armée d’occupation chinoise dans la défense de la grande cause nationale de la liberté du Tibet. Je vous confère le rang de ‘DZASAK’ (le grade militaire le plus élevé, équivalent à Général) en reconnaissance des services que vous avez rendus au pays. La situation actuelle exige de poursuivre, avec la même détermination et le même courage, votre lutte pleine de bravoure ».

Pertes humaines et destructions matérielles

Selon Israel W. Charny (1984) puis le Tibet Information Network (1990), une dépêche dite sur Radio Lhassa le 1er octobre 1960 annonçait que 87 000 Tibétains avaient été tués (selon le TIN) ou exécutés (selon Charny) durant l’année ayant suivi le soulèvement. En 2006, le journaliste Thomas Laird écrit que selon des sources chinoises, l’APL tua 86 000 Tibétains.

Le site Friends of Tibet donne à ce chiffre de 87 000 morts une autre source : « un document capturé par les guérilleros affrontant l’armée chinoise ». Le journaliste Warren Smith, cité par le démographe chinois Yan Hao, affirme lui aussi que ce chiffre vient d’un document de l’Armée populaire de libération datant de 1960 et capturé par la Résistance tibétaine six ans plus tard, pour être publié une première fois par une organisation bouddhiste tibétaine en 1990. Le document capturé parle de 87 000 ennemis « éliminés », ce qui pour Smith ne veut pas dire obligatoirement « tués ». Yan Hao fait remarquer qu’il est difficile de comprendre pourquoi il fallut six ans pour mettre la main sur le document de l’APL et 30 ans pour le publier, ajoutant qu’il était des plus improbables qu’il ait pu y avoir encore des forces de la Résistance au Tibet aussi tard qu’en 1966.

Selon le Gouvernement tibétain en exil, 87 000 Tibétains sont morts dans les événements entourant le soulèvement de 1959. Selon le Dalaï Lama, ce chiffre a été obtenu d’un document de l’armée chinoise, et ne concerne que les Tibétains qui ont été tués dans la région de Lhassa entre mars 1959 et septembre 1960 .

Également selon le Gouvernement tibétain en exil, le Norbulingka a été frappé par 800 obus environ, tuant un nombre inconnu de Tibétains à l’intérieur et autour du palais. Pourtant, visitant le palais en 1962, Stuart et Roma Gelder le trouvèrent intact avec tout son contenu soigneusement conservé contrairement aux affirmations que le bâtiment avait été réduit à l’état de ruine.

Les trois monastères majeurs de Lhassa – Sera, Ganden, et Drepung – ont été sérieusement endommagés par les bombardements, les dégâts à Sera et à Drepung étant quasiment irréparables. Les gardes du corps du dalaï-lama restés à Lhassa ont été désarmés et exécutés en public, ainsi que les Tibétains qui ont été trouvés avoir des armes dans leurs maisons [1]. Des milliers de moines tibétains ont été exécutés ou arrêtés, et les monastères et les temples autour de la ville ont été pillés ou détruits.

Dans la version officielle chinoise des évènements, il n’y a que 1000 hommes de troupe à Lhassa. Attaqués par 5360 rebelles armés, les militaires chinois contre-attaquent le matin du 20 mars et mettent en déroute, au bout de deux jours de combat, des forces rebelles plus nombreuses mais sans grande efficacité.

Conséquences

Un exode tibétain s’est produit entre 1959 et 1960 et environ 80 000 Tibétains ont traversé l’Himalaya pour rejoindre le dalai-lama exilé en Inde,  et fuir les violations des Droits de l’Homme liées à la politique chinoise au Tibet.

Le 10e Panchen Lama a décrit dans sa Pétition en 70 000 caractères, adressée au gouvernement chinois en 1962, ce qu’il estime être la répression injuste que les autorités chinoises ont infligé aux Tibétains en réaction au Soulèvement de 1959 :

« Nous n’avons aucun moyen de savoir combien de personnes ont été arrêtées. Dans chaque région, il y a eu au moins 10 000 arrestations. Bons et méchants, innocents et coupables, tous ont été emprisonnés, en contradiction avec tout système légal au monde. Dans certaines régions, la plupart des hommes ont été emprisonnés, si bien qu’il ne reste que les femmes, les personnes âgées et les enfants pour travailler. »

« On a même ordonné de tuer des membres des familles rebelles… Les fonctionnaires mirent délibérément les gens en prison dans des conditions draconiennes, si bien qu’il y eut un grand nombre de morts injustifiables… »

La République populaire de Chine met en avant le fait que l’action du gouvernement contre la rébellion de 1959 a « libéré pacifiquement » le peuple tibétain du servage féodal imposé par certains membres de l’équipe dirigeante de la couche supérieure du Tibet. Selon la version chinoise des faits, la réforme a permis également de supprimer la préemption des terres par une minorité, les châtiments barbares, le système théocratique et les privilèges féodaux réservés aux moines. Un million de serfs et d’esclaves ont ainsi été émancipés sur le plan politique, économique et spirituel. Les Tibétains ont également pu participer à des élections au suffrage universel en 1961.

L’exode d’un grand nombre de Tibétains en Inde a eu pour conséquence d’accroître les tensions entre la Chine et l’Inde, qui ont commencé à se manifester à l’automne 1959 par des accrochages entre les armées chinoise et indienne à la frontière.

L’URSS a aussi commencé à critiquer la politique de la Chine envers le Tibet et l’Inde, formant l’un des ferments de la dissolution de la « grande solidarité sino-soviétique ».

Les conséquences pour l’Inde furent de deux ordres. D’une part le Tibet ne jouant plus son rôle de tampon pacifique, un problème de frontières qui déboucha notamment sur la guerre sino-indienne de 1962, et d’autre part une stratégie développement occidentale de la Chine, via une politique de sinisation du Tibet persistente semble viser à l’Inde.

Controverse sur les raisons de l’échec de l’insurrection

Selon certaines sources occidentales, le soulèvement de 1959 fut un échec parce qu’il lui aurait manqué de soutien des Tibétains de l’intérieur. En 1962, dans son livre China: the Country Americans are not Allowed to Know, Felix Greene déclarait : « Jamais plus de 20 000 personnes ne furent impliquées (…), ce qui ne donne pas l’impression d’un soutien massif ».

Le responsable de la CIA, Bruce Walker, qui supervisa les opérations menées par des agents tibétains formés par l’Agence, fut troublé par l’hostilité manifestée par les Tibétains de l’intérieur envers ses agents : « Les équipes radio rencontraient une très forte résistance de la part de la population à l’intérieur du Tibet », reconnaît-il. De fait, de 1957 à 1972, les agents tibétains formés aux États-Unis mêmes et parachutés ensuite au Tibet pour y susciter des révoltes, tombaient rapidement entre les mains l’Armée populaire de libération, n’ayant guère le soutien de leurs compatriotes. Au cours d’un incident, un agent fut dénoncé sur le champ par son propre frère et arrêté avec les trois autres membres de son équipe. Loin d’être maltraités, ils eurent droit à un mois de séances de propagande avant d’être raccompagnés à la frontière indienne et relâchés .

Selon les auteurs Michel Peissel et Stéphane Courtois et Mark Kramer, l’armée chinoise, qui avait mobilisé jusqu’à 40 000 militaires, et des chars de combat, terrorisait la population.

CE 10 MARS 2011 EN FRANCE ET DANS LE MONDE

Nous vous laissons libre d’ajouter toutes les dates des manifestations prévues dans vos villes, directement sous ce post. Merci !!!

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